1 mai 2016

Published 00:48 by with 1 comment

Sommeil et organisme : que se passe-t-il lorsque l'on dort ?

Le sommeil permet non seulement de se reposer mais il est également le siège de phénomènes particuliers. En effet, le manque de sommeil entraîne de nombreux dérèglement de l’organisme qui influent directement sur le métabolisme(1) . De ce fait, nous allons recenser quelques exemples concrets, permettant de mieux comprendre le rôle que peut jouer le sommeil sur l’organisme.


  • Sommeil, apprentissage et mémoire


Le sommeil mais plus particulièrement les phases de sommeil lent et paradoxal, jouent un rôle important dans la consolidation mnésiques(2) des diverses informations reçues au cours d’une journée. Comment ce phénomène de mémorisation se met en place une fois que nous sommes endormis ?
Le sommeil lent est une phase importante pour restaurer les capacités d’apprentissage du cerveau et pour amplifier et restructurer la mémoire déclarative (textes lus, paroles entendues …). Le sommeil paradoxal, lui, permet de consolider la mémoire procédurale qui porte sur les savoir-faire, les habiletés et les informations émotionnelles. Ces deux phases de sommeil sont complémentaires : le sommeil lent sert à prétraiter l’information pour qu’elle soit plus résistante aux facteurs externes, pour par la suite être mieux consolidé pendant le sommeil paradoxal.


En effet, la mémoire à long terme, qui est constituée entre autre de la mémoire procédurale, sélectionne les informations essentielles à ancrer dans notre cerveau pour notre vie future. Lors du sommeil lent profond, les données engrangées pendant la journée sont réactivées au niveau neuronal. L’information doit d’abord passer par l’hippocampe (présent dans chacun des hémisphères du cerveau) qui la renvois au cortex où elle va ainsi être stockée. De ce fait, l’hippocampe profiterait de l’absence de stimuli entrants pour consolider les apprentissages en faisant travailler le cortex préfrontal. Ainsi, en renforçant les connexions entre l’hippocampe (lieu de stockage transitoire des informations) et le cortex préfrontal (lieu de stockage à long terme) le transfert d’informations de l’un vers l’autre est favorisé et par conséquent les apprentissages sont consolidés. Cela va permettre un enrichissement et une structuration des connaissances pour qu’elles deviennent stables et durables.


L’imagerie cérébrale permet de voir que pendant ce processus, les zones activées le jour lors de l’apprentissage sont réactivées pendant le sommeil. Cette réactivation permet de les transférer du stockage temporaire vers la mémoire à long terme où elles vont s’harmoniser avec des souvenirs déjà existants.
De plus, les ondes delta, visibles lors du sommeil profond, indiquent à la mémoire à long terme qu’elle doit intégrer des contenus présents dans la mémoire à court terme : ainsi le sommeil profond est une des clés essentielles pour notre activité mnésique.


Ainsi, la mémorisation est directement proportionnelle au cycle de sommeil : plus il y aura eu de cycle de sommeil et plus la mémorisation sera importante. L’inverse étant aussi possible : le manque de sommeil abaisse les capacités à mémoriser.  Nous comprenons donc bien que le sommeil reste l’un des facteurs naturels qui œuvre pour le bon fonctionnement de la mémoire.


  • Sommeil et croissance


Mais cependant, le sommeil joue aussi un rôle important plus particulièrement pour l’enfant et l’adolescent car il accélère la croissance. En effet, 75% de la quantité d’hormone de croissance libérée au cours d’une journée l’est lors du sommeil lent. Ainsi si ce stade, considéré comme réparateur, est supprimé, l’hormone de croissance n’est pas sécrétée et il faudra attendre le début d’un nouveau cycle pour qu’elle soit sécrétée.


C’est  l’hypothalamus(3) qui ordonne à la l’hypophyse(4) de produire des hormones de croissance. Il faut noter que cette hormone (produite également à l’âge adulte) favorise aussi la réparation des tissus et des cellules usées. Dès lors, nous comprenons bien que pour permettre à l’enfant d’avoir une croissance optimale, il faut que son sommeil soit régulier avec des cycles plus ou moins nombreux suivant son âge.


  • Immunité et sommeil


Comme nous l’avons vu précédemment, les processus de mémorisation se poursuivent et se renforcent lors du sommeil. Cependant, ils s’appliquent aussi bien au cerveau qu’au système immunitaire. En effet, les agents pathogènes rencontrés la journée sont mémorisés et cela est rendue possible grâce, par exemple, à la sécrétion de l’hormone de croissance qui stimule le système immunitaire (il faut savoir cependant que la stimulation reste très faible et qu'un déficit d'hormone de croissance dans l'organisme n'altère en rien notre immunité). Celui-ci va produire des cellules mémoires utile pour l’immunité dites adaptative, qui permet à l’organisme de garder la trace des infections contractées pour mieux les combattre dans le futur. De ce fait, comme le système nerveux, le système immunitaire profite des conditions d’isolement que procure le sommeil pour favoriser les réponses immunitaires adaptatives et donc améliorer la mémoire immunologique.  
Pour montrer que l’immunité adaptative se construisait la nuit une étude allemande a été réalisée en 2011 par Jan Born, professeur à l'université de Tübingen. Après la vaccination contre l’hépatite A, qui consiste à introduire des partis de virus inoffensif, la production de lymphocytes T auxiliaires augmente la nuit suivante, lors du sommeil lent. Ces cellules immunitaires ont un rôle primordial : elles stimulent la production d’anticorps dirigés spécifiquement contre le virus à éliminer. Or, chez les individus que l’on a empêché de dormir, le taux de lymphocytes auxiliaires est fortement diminué. Ainsi, l’efficacité de la vaccination est altérée par le manque de sommeil, ce qui rend notre organisme plus vulnérable donc les virus sont plus difficiles à éliminer.


Lexique :
(1) Métabolisme : l'ensemble des réactions chimiques qui se déroulent au sein d'un être vivant pour lui permettre notamment de se maintenir en vie, de se reproduire, de se développer et de répondre aux stimuli de son environnement.


(2) Consolidation mnésique : transfert des données recueillies depuis la mémoire de travail vers la mémoire à long terme.


(3) Hypothalamus : partie du cerveau dont la fonction la plus importante est de lier le système endocrinien (l’ensemble des organes de sécrétion comme le pancréas, les ovaires etc.) et le système nerveux (cerveau, moelle épinière etc).


(4) Hypophyse : glande endocrine de petite taille (pesant moins d’un gramme) situés à la base du cerveau : elle sécrète des hormones déversées directement dans le sang ou la lymphe.
L’hypophyse (en orange)



Réactions :
      edit

1 commentaire:

  1. c'est nul t'es moche allez voir ma chaîne youtube oklm elle s'appelle jean max rodriguez fait du parcours omg

    RépondreSupprimer